L'or noir

Dans la file d'attente des Assedic, je lisais dans le journal que George W Bush accueillait chaleureusement à son ranch le prince Abdallah d'Arabie Saoudite. Il était mentionné dans un autre article que les prix du pétrole continuaient de flamber. De toute évidence, le président américain espère obtenir une surproduction saoudienne pour faire redescendre des prix devenus trop élevés pour son electorat.

Arabie Saoudite : pétrole. Famille Bush, Dick Cheney : pétrole. Guerre en Irak : pétrole. Fortune des Ben Laden : pétrole. Tout tourne autour du pétrole. L'actualité contemporaine est désormais indexée sur ce fluide miraculeux dont les appétits capricieux de ses maîtres sont de plus en plus inquiétants.

Tout le monde connaît Shell, Exxon, mais qui connaît Edouard Delamare-Debouteville, l'inventeur du moteur 4 temps à essence ? Cet ingénieur prolifique appuyait ses travaux sur ceux d'Alphonse Beau de Rochas (dont la vie fut aussi romanesque que son nom le promet : http://jc.clariond.free.fr/biographies/bauderochas.html),des allemands Otto et Benz, et de foule d'autres inventeurs de génie qui découvraient en même temps l'électricité, les microbes et le gramophone ...

Sans doute ces brillants ingénieurs avaient-ils en tête des visions grandioses où le bien-être de l'humanité et les bienfaits du progrès tenaient une grande place. Grâce à eux, l'homme a littéralement fait un bond de géant.

Petit à petit, le pétrole s'est immiscé dans notre vie quotidienne et nous a effectivement procuré confort et croissance. Et puis au fil des décennies, il s'est changé en drogue, et l'humanité est aujourd'hui en état de dépendance dure vis-à-vis du précieux liquide. On sait qu'on doit arrêter, mais on ne peut pas.

Avec le pétrole, on brûle la planète écologiquement, politiquement, financièrement et humainement mais rien ne semble indiquer une modification de notre trajectoire. Les réserves naturelles seront bientôt taries. On va droit dans le mur, et on le sait.

L'homme est devenu un dangereux junkie, qui sait que dans quelques années il n'aura plus sa dose. Cet or noir, promesse de liberté, de confort et d'avenir, est devenu le cancer qui nous ronge.

mar 26 avr 2005

Commentaires (0)

aucun commentaire

Laissez-nous un commentaire

Auteur *
 
E-mail
L'email si vous le saisissez ne sera pas visible en ligne, mais nous permettra de prendre contact avec vous pour vous répondre.
 
Message *
 
Recopiez l'image clé
  • 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
 
 
 
 
 
 
 
Laurent de Wilde

Elements de navigation

Moteur de recherche