le blog de Laurent de Wilde

Rechercher | Sélection de liens | La Boutique !

vendredi 20 février 2009

Celui qui dit c'est celui qui y est

Je lisais hier dans Le Monde un entrefilet qui m'a interloqué.

Le groupe de rock américain MGMT a enregistré une chanson intitulée "Kids" qui connaît un succès mondial auprès du jeune public. Succès tel que l'UMP a choisi de s'en servir d'antienne lors du conseil national du 24 janvier et du premier déplacement du nouveau secrétaire général, Xavier Bertrand, le 25 janvier à Avrillé. Mieux, ce tube a été utilisé dans deux vidéos diffusées sur le site du parti et une sur Dailymotion.

Seul problème : cette utilisation n'a pas été autorisée et ne reverse aucun droit au groupe américain.

Rappelons que l'Assemblée Nationale s'apprête à examiner le 4 mars un projet de loi visant à réprimer le piratage des oeuvres culturelles sur internet, et que l'UMP est un partisan inflexible de cette répression.

Passé le premier moment d'amusement à voir les bons apôtres pris la main dans le pot à confiture, je n'ai pu m'empêcher de me dire que ce tout débat autour de la propriété intellectuelle sur internet et son influence prépondérante sur la survie de la production musicale me semble animé par des acteurs dont les convictions morales varient avec une grande amplitude en fonction de leurs intérêts immédiats.

Or ce n'est pas l'immédiat qui nous pose un problème, c'est ce qui vient après.

Les vraies questions sont je pense les suivantes :

- la vente de musique sur internet est-elle possible et attractive ? Sous quelle forme ? Il est évident que plus de 90% de la musique circulant sur le net le fait gratuitement, et tenter de réguler intégralement ce flux me semble complètement illusoire. De plus il est faux de croire qu'un titre téléchargé gratuitement correspond à une vente manquée en magasin. L'énormité des flux auxquels nous assistons tient précisément au fait que c'est gratuit, et en restreindre l'accès ne veut pas forcément dire favoriser les ventes.

- si les CD continuent à exister comme supports à une oeuvre musicale enregistrée, qui les produira et qui les rendra accessibles aux consommateurs ? Les labels ont-ils un avenir ? Quelle sera leur distribution ? (signalons que le bruit court que la fnac envisage d'arrêter le commerce du disque début 2010)

- qui seront ces artistes enregistrés sur CD ? Artistes de masse ou au contraire confidentiels ?

- Les programmateurs de salle, d'émissions de radio, de télé, ne raisonnant qu'en fonction d'une "actualité" dont la densité s'estompe avec la chute des ventes de cd, vont-ils avoir recours à d'autres critères que ceux d'une médiatisation dont les outils de marketing s'avèrent de plus en plus inefficaces ? Et justement, quel rôle internet va-t-il jouer dans cette évolution ?

- Le concept d'une oeuvre musicale comprenant plus d'une chanson a-t-il une chance de survie dans les nouveaux mode de consommation ?

Le débat est grand ouvert.

jeudi 19 février 2009

Mieux que le bonheur

Les coïncidences existent aussi sur le net, puisque je viens de recevoir de mon bien aimé webmaster un agréable complément à mon entrée d'hier. Il s'agit d'une autre boîte de produits dérivés, mais qui se spécialise dans la reproduction en peluches, coussins et oreillers de synthés de légende. Le fan peut donc y poser sa tête ou tout autre partie de son anatomie sans risquer de l'abîmer, et goûter ainsi la chaleureuse présence de son clavier chéri. Vous pouvez voir ci-dessous une peluche du plus fameux d'entre eux, le mythique mini-moog. C'est quand même mieux que des avions en train de s'écraser !

leur site :

mercredi 18 février 2009

Gardons espoir

Il y a quelques semaines, un habile pilote de la US Airways sauvait ses passagers et son avion endommagé en amerrissant en catastrophe à New York sur la Hudson River. Invité par Obama et par toutes les grandes chaînes de télé nationales américaines, il se révéla être un homme simple, intelligent, courageux et sympathique.

Sorte d'anti-Joe the Plumber (ce héros de la droite américaine sorti de l'anonymat pendant la campagne présidentielle au cours d'un discours de John McCain qui le présentait comme le parfait américain méritant, et se révélant n'être ni plombier ni méritant mais un magouilleur imbécile et péremptoire), Chesley B. "Sully" Sullenberger III, parfaitement mis en scène par le story-telling merveilleusement rodé des médias américains, devint en quelques jours un symbole et un espoir de survie miraculeuse d'une nation en plein crash.

Je suis tombé sur ce document d'une boîte de marketing, qui en quelques jours a déposé la marque "Miracle On The Hudson" et propose une gamme très complète de jouets, papeterie, cravates et chaussettes à vendre, représentant sous diverses formes un aéroplane amerrissant sur fond de skyline new yorkaise, et dont bien entendu tous les bénéfices seront versés...à cette boite de marketing, propriétaire du nom.

Qu'on se rassure donc : en cas de crise, il y a toujours un miracle, et en plus on peut gagner de l'argent avec ! Elle est pas belle la vie ?