le blog de Laurent de Wilde

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jeudi 30 juin 2005

effet boomerang du kangourou

La vie est marrante... Je jouais hier soir à la Fontaine avec Rick Margitza pour la clôture de son quatrième et dernier mois de résidence dans ce sympathique café, lorsqu'il m'a présenté son tour manager américain Dan Doyle de passage à Paris.

Il faisait bon, la nuit était pleine de promesses et nous voici assis en terrasse pendant la pause à nous échanger des histoires de musiciens et de tournées toutes plus marrantes et invraisemblables les unes que les autres.

Du coup, je lui sors la bien bonne que j'avais postée le jour même sur ce blog et que vous pouvez lire ci-dessous. J'en étais au tiers de l'histoire qu'il me dit hop hop hop c'est pas ça l'histoire, y a pas plus de berger que de beurre en broche.

En fait, m'explique-t-il, c'est une histoire vraie qui est arrivée à l'orchestre de Jerry Lee Lewis en tournée en bus en Australie (le chanteur détestant l'avion et ne l'utilisant que pour les déplacements inter-continentaux).

Et il ajoute : je le sais, j'ai vu les photos ! Du coup je lui demande si le kangourou s'est vraiment tiré avec le passeport et le fric dans le blouson et il me dit non non, c'était un blouson de tournée (tour jacket) qu'il avait sur le dos.

Je préfère sa fin à la mienne. D'abord parce qu'elle est vraie (en attendant de voir les photos !) mais surtout parce que je trouve particulièrement réjouissante l'idée que quelque part en Australie un kangourou se soit baladé en blouson avec marqué dessus : Jerry Lee Lewis World Tour.

mercredi 29 juin 2005

le coup du kangourou

On m'en a raconté une bien bonne l'autre jour.

Un berger français, sélectionné pour une compétition de tonte de mouton se rend en Australie avec trois autres compères finalistes.

Arrivés à Sydney les voilà qui louent une voiture et se lancent le soir même sur la route pour voir un peu de ce pays merveilleux. Il fait nuit noire quand soudain ils entendent un choc à l'avant de la voiture. Pilant aussitôt, ils sortent de la voiture persuadés qu'ils ont heurté un promeneur.

En fait de promeneur, c'est un kangourou qu'ils ont renversés. Très ennuyés, ils examinent l'animal, se rendent compte qu'il est vivant et l'adossent à la voiture. Touché par la sollicitude de ses compagnons, le berger sort son appareil et immortalise la scène. Une deuxième, puis une troisième photo : les amis commencent à prendre des poses, ils passent le bras autour du cou du kangourou groggy.

Attends, dit l'un d'entre eux, je vais lui mettre ma casquette; le flash crépite, les esprits s'animent, c'est maintenant le blouson qu'on enfile au malheureux animal pour des poses de plus en plus hilarantes.

Mais voilà que toute cette agitation finit par réveiller le kangourou qui passe en quelques instants d'une aphasie complète à un état de surexcitation motrice le propulsant en quelques bonds dans la profondeur de la nuit australienne.

Avec le blouson. Passeport, argent, billet d'avion.

Nos amis venaient, dans leurs hurlements de rire, de se faire dépouiller par un kangourou.

A conserver précieusement dans les annales du crime.

vendredi 3 juin 2005

Dans la vase

J'ai l'impression que ça va pas fort en France en ce moment.

Nous sommes cruellement en panne d'idéal européen. Nous souffrons d'une quasi-stagnation économique. Le chômage lui aussi stagne.

Nous avons un président qui s'est pris successivement trois grosses claques et qui en est devenu irrémédiablement sourd. Il ne pense qu'à s'accrocher à son fauteuil, replacer ses barons dans l'attente de son ultime revanche pour enfin saboter les efforts de son seul successeur naturel. Un beau programme ! Les ministres valsent d'un poste à l'autre : hier la Santé aujourd'hui les Affaires Etrangères, comme si le trou de la Sécu et la guerre en Irak étaient des dossiers politiques interchangeables et assimilables en quelques semaines. L'abdication devant tant de sottises et de clientélisme est aujourd'hui totale.

Alors que nous sommes une des nations les plus riches du monde et que nous incarnons pour beaucoup d'autres un idéal de confort et de modernité, l'avenir n'est pour nous que menaces, immobilisme et résignation.

Bref, on est dans la vase.

Raison de plus pour ne pas se laisser couler.