le blog de Laurent de Wilde

Rechercher | Sélection de liens | La Boutique !

mardi 26 avril 2005

l'or noir

Dans la file d'attente des Assedic, je lisais dans le journal que George W Bush accueillait chaleureusement à son ranch le prince Abdallah d'Arabie Saoudite. Il était mentionné dans un autre article que les prix du pétrole continuaient de flamber. De toute évidence, le président américain espère obtenir une surproduction saoudienne pour faire redescendre des prix devenus trop élevés pour son electorat.

Arabie Saoudite : pétrole. Famille Bush, Dick Cheney : pétrole. Guerre en Irak : pétrole. Fortune des Ben Laden : pétrole. Tout tourne autour du pétrole. L'actualité contemporaine est désormais indexée sur ce fluide miraculeux dont les appétits capricieux de ses maîtres sont de plus en plus inquiétants.

Tout le monde connaît Shell, Exxon, mais qui connaît Edouard Delamare-Debouteville, l'inventeur du moteur 4 temps à essence ? Cet ingénieur prolifique appuyait ses travaux sur ceux d'Alphonse Beau de Rochas (dont la vie fut aussi romanesque que son nom le promet : http://jc.clariond.free.fr/biographies/bauderochas.html),des allemands Otto et Benz, et de foule d'autres inventeurs de génie qui découvraient en même temps l'électricité, les microbes et le gramophone ...

Sans doute ces brillants ingénieurs avaient-ils en tête des visions grandioses où le bien-être de l'humanité et les bienfaits du progrès tenaient une grande place. Grâce à eux, l'homme a littéralement fait un bond de géant.

Petit à petit, le pétrole s'est immiscé dans notre vie quotidienne et nous a effectivement procuré confort et croissance. Et puis au fil des décennies, il s'est changé en drogue, et l'humanité est aujourd'hui en état de dépendance dure vis-à-vis du précieux liquide. On sait qu'on doit arrêter, mais on ne peut pas.

Avec le pétrole, on brûle la planète écologiquement, politiquement, financièrement et humainement mais rien ne semble indiquer une modification de notre trajectoire. Les réserves naturelles seront bientôt taries. On va droit dans le mur, et on le sait.

L'homme est devenu un dangereux junkie, qui sait que dans quelques années il n'aura plus sa dose. Cet or noir, promesse de liberté, de confort et d'avenir, est devenu le cancer qui nous ronge.

lundi 25 avril 2005

Marsavrille

Je n'ai jamais aimé le printemps à Paris : froid, pluie, virus en pagaille et embellies trompeuses. A tel point que je n'arrive pas à faire la différence entre mars et avril, long et gris tunnel obligatoire pour arriver à mai. D'habitude je m'arrange pour être sur la route à cette période, mais cette année je suis puni et ne ferai avec Organics que de brèves incursions dans le sud de la France. Condamné à la germination solitaire, je passerai donc la plus grande partie de ces deux mois dans ma batcave à travailler sur mes divers chantiers (ce dont je me réjouis à l'avance, il faut bien l'avouer). J'adresse donc un salut confraternel à ceux et celles qui détestent le printemps et leur rappelle que c'est le meilleur moment pour s'occuper de son petit jardin intérieur.

mardi 5 avril 2005

chacun son métier

Il y a deux semaines, je rentre avec un copain dans une librairie et nous achetons chacun un livre. Nous passons à tour de rôle à la caisse et en nous dirigeant vers la sortie, nous apercevons chacun un ouvrage que nous voulions acheter : retour à la caisse. Bonjour, me dit la caissière pour la deuxième fois en deux minutes.

Elle ne m'avait pas reconnu. Je paye et j'observe comment elle se comporte avec mon copain : elle ne le reconnaît pas non plus. Je m'aperçois alors que durant toute la transaction du paiement, elle n'a avec lui de contact visuel qu'une fraction de seconde, juste avant de prendre le billet qu'il lui tend. Pas assez pour s'imprimer dans sa mémoire immédiate, mais suffisamment pour s'assurer qu'il y a quelque chose au bout de ce billet.

La semaine dernière, je vais à la fnac échanger un DVD dont le contenu ne correspondait pas au titre. On me fait un bon, on remplit des papiers, on m'explique la marche à suivre. Je vais au rayon, explique au vendeur, nous essayons un autre exemplaire de ce même DVD pour nous apercevoir que le problème est identique. Tout le stock est infecté, il faut que je tente une autre fnac.

Je vais donc à une autre fnac, et ré-explique mon histoire qui commence à s'épaissir. On me redit la marche à suivre. Je vais au rayon , on vérifie, tout est en ordre, il faut que je retourne à l'accueil me faire tamponner mon bon. Je retombe sur la même fille qu'il y a cinq minutes. Bonjour me dit-elle.

Une longue histoire n'avait pas suffi à s'incruster dans sa mémoire immédiate. Je représentais un problème, auquel elle avait répondu avec intelligence, promptitude et courtoisie. Avant de tirer la chasse et passer au problème suivant.

Par contre, le gars de la sécurité qui m'avait vu entrer avec un sac fnac et parler à l'accueil me fit un sourire quand je le passai en me dirigeant vers la sortie. Il m'avait reconnu, lui. Chacun son métier.