Voyages

Nous étions en trio avec Benita et Charlet au Brésil pour deux concerts, l'un à Sao Paulo (où le maire recommande aux voitures de ne pas s'arreter aux feux rouges après dix heures du soir) et l'autre a Belo Horizonte ou un bon rhodes est plus facile a trouver qu'un bon piano à queue...

Quand je revois cette photo, je ne peux m'empêcher de penser combien le piano est un instrument extravagant. Une sorte d'armoire normande, tendue par ses tripes de métal et ses 88 dents toutes fragiles et compliquées. Absolument n'importe quoi.

Il y a une rue à Sao Paulo où il y a tous les magasins de musique, une quarantaine en tout, la plupart très grands avec beaucoup de matos. Nous y avons passé trois bonnes heures. Je n'ai pas vu UN SEUL piano. Mais des guitares... Ahh des guitares...

Nous étions dans la ville de Milton Nascimento, de Toninho Horta, dans la ville des métriques et des harmonies complexes qui servent de lit à ce fleuve mélodique limpide qui fait tout le son du Minais Gerais.

Les gens que nous avons rencontrés ont été d'une hospitalité constante et j'étais frappé de voir comme ils sont américains, c'est a dire confiants dans l'avenir, pas loin de l'insouciance. De toute évidence le futur leur appartient.

De retour à Paris, j'ai enregistré (comme ingé son et producteur) le disque de contes africains dont il a déjà été question et dont on peut entendre un échantillon atypique sur la page audio du site. Le livre disque sortira chez Milan au mois de mai, ce sera pour les petits, mais les grands aussi peuvent en profiter, et la musique est vraiment bien, tout est fait par Souleymane Mbodj, narration, guitare, balafon, sabar, djembé etc.

Toujours est-il que nous déjeunions au Pacific rue de Belleville quand je vois cette veille chinoise assise toute seule à la table qui est adossée au grand aquarium du restaurant. Elle regardait la rue de Belleville à travers cette énorme et poissoneuse lentille optique, la scène était comme irréelle, et je me disais que les chinois aussi ils sont des genres d'américains, ils n'aiment pas lésiner sur le merveilleux.

Corollaire : on n'a pas toujours besoin d'aller très loin pour voyager. Il suffit de laisser traîner un bout de son coeur loin d'ici.

jeu 9 déc 2004

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Laurent de Wilde

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