Un bonheur presque parfait

Lisbeth avait toujours eu du mal à expliquer qui elle était. Son père était vietnamien, sa mère tunisienne, elle était née à Newcastle et avait grandi en Côte d'Ivoire. A l'âge de trente ans, lassée de ces éparpillements, elle avait trouvé à Lisbonne un mari français et le bonheur tranquille des grands voyageurs arrivés à bon port.

Un seul détail troublait sa quiétude. Fort attachée aux mots, elle leur attribuait une puissance bienveillante ou maléfique qui allait parfois bien au-delà de leur sens, et il lui fallait bien convenir que depuis sa quiétude lusitanienne, elle était devenue Lisbeth la lisboète. Cette voyelle qui venait parasiter son nom avec une désinvolte vulgarité la fixait de son oeil rond et semblait reluquer sa personne en toute impunité. Ça l'énervait considérablement.

lun 2 avr 2012

Commentaires (1)

Vince 30 dimanche novembre 2014, 00:47:45

A tel point qu'elle décida un matin de 2014 de conjurer le sort en donnant forme et vie à ce o entêtant qui après tout n'est que cercle, cerceau, anneau, collier. Et Lisbeth et Jean-Pierre partirent sur les routes ensoleillées reccueillir pierres diverses pas forcément précieuses pour le plaisir simple et tactile d'en faire des colliers. D'énervée Lisbeth passa à l'état plus enviable d'apaisée.

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Laurent de Wilde

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