Rassurant

De passage dans la belle ville de Toulouse, j'ai profité de l'occasion pour aller voir la cathédrale de Sainte Cécile d'Albi dont tout le monde me vantait la beauté unique.

Elevé au lait de Notre Sainte Mère l'Eglise, je peux dire en avoir visité un certain nombre. Si beaucoup m'ont frappé par leur splendeur architecturale, l'orgueilleuse démesure des cathédrales m'a toujours laissé une impression d'écrasement lugubre, comme s'il fallait rappeler à tout prix au fidèle l'insignifiante médiocrité de son existence et l'immense chemin qui le sépare de Dieu.

La construction de Saint Cécile débuta en 1277 pour sceller la fin de l'hérésie cathare dont Albi avait été l'épicentre. Après force tortures et passages au fil de l'épée, l'Eglise du Pape avait donc décidé de marquer le coup avec une construction qui attesterait de son indiscutable puissance. D'ailleurs, à la voir de l'extérieur, on dirait plus une forteresse qu'une cathédrale avec ses immenses façades de briques rouges et ses étroites meurtrières pour tout vitraux.

J'avoue que ce prologue ne me la rendait pas spécialement sympathique, et je garde de ma visite à Saint Pierre de Rome le souvenir d'un immense capharnaüm où s'entassaient comme à la foire des statues gigantesques de papes terrassant dragons et nègres avec un enthousiasme consternant.

Mais une fois passé le portail, tout change. L'architecture est de style gothique, mais sans les excès grandioses à la Notre Dame de Paris. Les proportions sont modestes, humaines, confortables. Tout ce qui peut l'être est peint, avec un modernisme du motif éblouissant et des scènes bibliques fraîches et vivantes. Le dôme au dessus de l'autel scintille d'un bleu vif qui n'a jamais été restauré depuis sa réalisation. Le choeur, ou jubé, est bordé de centaines de délicieuses petites statues de bois et de pierre, chacune différente, toutes expressives, incarnant les multiples prophètes de l'Ancien Testament et grands saints de l'Eglise, au milieu desquels trône Sainte Cécile à qui est dédié ce splendide édifice.

Ce qui est l'occasion de nous rappeler que sainte Cécile est la patronne des musiciens et qu'elle fut exécutée pour avoir enterré les corps des criminels condamnés à mort que le préfet Almachius jetait dans un charnier. Lorsque ce fut son tour d'être décapitée, le bourreau abattit sa hache à trois reprises sans réussir à terminer son sinistre ouvrage laissant saint Cécile se débrouiller toute seule sur la date de sa mort, qu'elle choisit trois jours après parce que c'est elle qui en avait envie.

Je pense que son martyr est familier à bien des membres de notre sympathique communauté de musiciens, et je tire un grand plaisir à savoir que notre sainte patronne est aussi splendidement logée. Pour ceux qui n'ont pas l'occasion de passer près d'Albi, voici l'adresse d'un site extraordinaire permet de la visiter en trois dimensions, prenez cinq minutes, vous ne le regretterez pas !

mer 9 déc 2009

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Laurent de Wilde

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