Petit moment de parano internationale

Je suis assez inquiet de la tournure que prend la politique internationale de notre nouveau président.

Déjà, aller passer ses vacances à quelques kilomètres de ce dangereux abruti de George Bush et en profiter pour aller le voir dépasse de loin les obligations diplomatiques des relations franco-américaines.

Ce président des Etats-Unis a d'ores et déjà battu le record d'impopularité établi par Nixon il y a 30 ans, tous ses amis texans sont en train de le lâcher, et il est considéré dans son pays ainsi que dans le reste du monde comme un sinistre imbécile, arrogant et incompétent, dont on sera bien contentent d'être débarrassé dans un peu plus d'un an.

Je comprends bien que ce n'est pas une raison pour le bouder, les affaires sont les affaires, mais je trouve qu'envoyer Bernard Kouchner (dont on ne peut qu'admirer le travail de Haut Représentant de l'ONU au Kosovo entre 1999 et 2001) tenter de réparer l'invraisemblable gâchis de l'invasion de l'Irak par les troupes US est à la fois dérisoire, inutile et dangereux.

Cette tentative est vouée de toute évidence à l'échec (et n'a suscité que quolibets et moqueries auprès des Irakiens) et n'a semble-t-il d'autre but que d'épaissir un peu plus la légendaire vanité de notre bon French Doctor et de donner à Bush l'impression qu'on peut l'aider à ce sortir de ce bourbier où il s'est mis de sa propre initiative (ce qui est absolument illusoire).

En ce qui concerne la France, elle n'a rien à gagner à s'immiscer dans ce désastre, à part quelques bombes censées nous rappeler qu'on ne se mêle pas des affaires des autres.

Le problème avec Bush, c'est qu'il n'a visiblement aucune capacité à admettre ses erreurs et encore moins d'en tirer les leçons. Aiguillonné par son vice président (que plus personne aux Etats Unis n'appelle autrement que Darth Vador), il a décidé d'attaquer l'Iran et voici un certain temps et que tout le monde redoute qu'il ne passe à l'action avant qu'on lui retire les clés du camion.

Or, voici que Sarkozy déclare que le danger numéro un, c'est l'Iran ! Tout le monde sait que les conditions d'un apaisement du Proche Orient passent nécessairement par la paix entre Israëliens et Palestiniens, et que le programme nucléaire Iranien ne peut être opérationnel que d'ici 5 ans au mieux. Mais après nous avoir fait le coup des armes de déstruction massive, voici qu'on nous fait le coup du Dernier Soir Nucléaire !

Mon inquiétude provient donc de ce que Sarkozy est en train d'esquisser une politique internationale dangereusement alignée sur un président américain capable du pire (et incapable du meilleur, hélas). Qu'a-t-il à gagner dans une politique aussi suicidaire ? Eh bien justement : quelques bombes à la maison qui autoriseraient un recours à la force, aux mesures exceptionnelles et à l'autoritarisme sans contrepoids.

Notre petit président bourré de testostérone semble avoir bien lu l'histoire récente des Etats-Unis, où les attaques du 11 septembre ont permis aux néo-conservateurs d'appliquer dans la plus totale impunité un programme inepte et mortifère (sauf pour ceux qui en profitent, c'est-à-dire l'entourage immédiat du président)

Ma question est donc : Sarkozy ne serait-il pas en train de jouer avec le feu en espérant que d'une façon ou d'une autre la France se brûle ? Cela lui permettrait de développer une politique personnalisée et autoritaire pour laquelle il semble montrer le plus grand goût ...

Parano ? J'espère !

dim 5 août 2007

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Laurent de Wilde

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