Papy prend le train

Confortablement installé dans un TGV matinal qui emmenait mon trio à vive allure vers Marseille, j'eus un geste malheureux qui me fit renverser le contenu d'une canette de coca en furieuse ébullition sur mon torse et mes jambes. La journée commençait bien.

Je me dirigeai en hâte vers les toilettes du train pour éponger les dégâts mais j'eus la surprise de constater que nous étions dans un TGV nouvelle génération dont le petit coin, comme on dit, était plus petit qu'il n'était possible d'imaginer. A vrai dire, j'avais l'impression de me trouver dans une navette spatiale. L'exiguïté y était d'une rigueur millimétrique et aucun robinet, aucun distributeur de papier n'étaient visibles. Seuls s'offraient à mon regard un bec verseur et le plan totalement lisse et intraitable d'un zinc étincelant.

En me penchant contre le robinet, je décelai un petit capteur infra-rouge à sa base : il fallait tout simplement mettre ses mains dessous pour faire couler l'eau. Tout automatique, c'est merveilleux. Je plaçai mes mains gluantes en position et attendis. Rien. Je les déplaçai légèrement de droite à gauche, toujours rien. D'avant en arrière, ah ça marche quand j'ai le bout de doigts qui touche la base du robinet. Merde, du coup l'eau me coule sur les poignets, je recule les mains, ça s'arrête.

Bon. Avec une main j'appuie sur le capteur pendant que de l'autre j'essaie de la rincer toute seule. Pas facile mais j'y arrive. Les doigts en petite coupole, je tente de me rincer le reste du corps en m'aspergeant de gouttelettes. Ça devient n'importe quoi. Du coup, mon coude fait un un angle bizarre avec mon corps et j'entends une soufflerie se mettre bruyamment en marche : j'avais excité un autre infra-rouge, celui du séchoir automatique qui lui marchait très bien et qui se mettait à caraméliser avec entrain le coca sur ma veste.

J'étais battu. Plusieurs choix s'offraient à moi.

1- retirer ma veste et mon pantalon, les plonger dans la cuvette des toilettes et tirer la chasse un bon coup pour les rincer

2- aller au bar, acheter une bouteille d'eau et taxer plein de serviettes en papier

3- tirer la sonnette d'alarme et attendre le contrôleur pour lui demander de me déposer en 1980, à une époque où aller aux toilettes ne constituait pas une aventure technologique aussi poussée.

Qu'auriez-vous fait à ma place ?

Indice : le bar était fermé à la suite d'une grève du personnel.

mar 26 mai 2009

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Laurent de Wilde

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