Jazz et politique !

L'élection du prochain président américain s'annonce serrée, et il semblerait que son sort dépende des Etats indécis qui n'ont pas d'appartenance politique clairement identifiable et que l'on appelle les "Swing States", les Etats hésitants, les Etats qui balancent. Les deux campagnes concurrentes sont donc essentiellement concentrées sur ces états, et tentent de les faire pencher à coup de pubs et de meetings électoraux dans un sens ou dans l'autre. L'actuel vice-président américain Dick Cheney est tout particulièrement mobilisé pour cette entreprise. Seulement voilà : c'est un orateur médiocre, voire sinistre, que le contact avec les foules rend hautain et agressif. Alors il faut faire tourner la machine à mensonge et le transformer en un battant qui ne mâche pas ses mots et emporte tout sur son passage, une sorte d'ouragan de sincérité et d'enthousiasme. Les Swing States, claironnent ses dirigeants de campagne, il s'en fait un cache-col, le vice-président. Tout le monde l'adore. Il met la transe partout où il va. C'est (je cite sa propre campagne) LE KING OF SWING !

Oui, vous avez bien entendu. Dick Cheney, c'est le King of Swing ! C'est vrai qu'il ressemble de loin à Benny Goodman, il est blanc et chauve, mais de là à en faire une idole du jazz il y a quand même une sacrée distance ! Dick Cheney, le politicien professionnel de haut niveau depuis l'administration Nixon, l'ex PDG de Halliburton, l'homme à qui la guerre profite le plus (enfin pas autant qu'espéré : la filiale KBR qui a fait main basse sur quasiment tous les contrats de reconstruction essaie de revendre certains d'entre eux; ils avaient eu les yeux plus gros que le ventre), l'homme qui continue de prétendre publiquement aujourd'hui que Saddam Hussein a participé aux attentats du 11 septembre, qui a souffert de quatre crises cardiaques, qui s'accroche au pouvoir suprème avec l'obstination et la grâce du ténia, Dick Cheney le King of Swing ?

Il y a quand même des limites. Qu'il continue de dire que l'Irak est sur la voie de l'apaisement, qu'il y a moins de pauvres en Amérique et que l'air et l'eau y est sont plus purs qu'avant, que Bush sait ce qu'il fait, soit. Mais de grâce, qu'il ne touche pas au jazz. Mr Cheney ne swingue pas. Il n'a jamais swingué et ne swinguera jamais. A mon sens, il représente de façon ubuesque l'anti-swing absolu.

Tant qu'à l'admirer, autant que ce soit pour ce qu'il est en vérité : le King of Sting, le roi de l'arnaque.

lun 27 sep 2004

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Laurent de Wilde

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