Espoirs et mensonges

L'industrie musicale ne va pas bien. Chez les Majors, hormis Universal, on continue les énièmes plans de licenciement et de restructuration. Chez les indépendants, certains flottent, d'autres coulent. Tout le monde serre les fesses. Le pire est sans doute qu'on commence à se rendre compte qu'il faudra entre trois et cinq ans, en étant optimiste, pour commencer à y voir un peu plus clair, mais à quel prix ? Combien de musiciens, de producteurs, de commerciaux devront sans faire d'histoires trouver un autre travail d'ici là ?

Pour tout arranger, quand on regarde ailleurs, les nouvelles ne sont pas franchement bonnes non plus. Notre planète suffoque sous la pollution. L'économie occidentale, d'une gloutonnerie maladive, est en train de se découvrir des crampes d'estomac fort désagréables. Le tout est orchestré par des médias anxiogènes, et nous avons une atmosphère contemporaine particulièrement délétère qui commence à me rappeler dans le Tintin "l'Etoile Mystérieuse" le bon vieux prophète Philippus annonçant la fin du monde et son cortège de peste et de choléra.

On espère cependant que le monde ne s'arrêtera pas de tourner, même s'il paraît en panne d'idéal et qu'il semble plus que jamais menacé par notre imprévoyance et notre aveuglement. Aussi il est important de ne pas se raconter d'histoires et de s'abrutir de mensonges prétendument palliatifs.

L'un d'entre eux que j'entends le plus souvent est le suivant : la vente de cd est moribonde, mais jamais la scène ne s'est aussi bien portée. Or, c'est complètement faux ! Les salles ont de plus en plus de mal à se remplir, c'est pourquoi certains programmateurs se rabattent sur des choix sûrs qui leur coûtent cher mais leur donnent encore quelques mois l'impression que tout est comme avant. Les autres bourrent leur salle d'invités comme autant de cache-misère, ou affrontent tout simplement des publics anémiques . Mais il faudra bien un jour ou l'autre faire face à cette réalité incontournable qui est que la musique dans son ensemble est en train de faire son deuil d'une époque dont les restes s'effritent sous nos yeux.

Ce n'est pas très gai, mais ce n'est pas une raison pour s'inventer des histoires, et ce n'est qu'en faisant face à la réalité que l'on pourra espérer avancer. Nous avons déjà perdu trop de temps à pourchasser des fantômes et à croire que notre simple puissance passée saura nous tirer d'affaire.

ven 25 juil 2008

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Laurent de Wilde

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