De la neige et des jurons

J'adore la neige à Paris.

Tout devient ouaté et onirique, je sais que c'est un peu concon de dire ça, même si ça se paye par des taux inouïs de compression corporelle dans le métro. Dehors, c'est le blanc chaos partout, et ça me rejouit.

Mais mon enthousiasme n'est pas partagé par tout le monde. Je marchais dans la rue à côté d'un homme d'une cinquantaine d'année, il tenait à la main un parapluie qui le protégeait de la neige qui tombait dru.

Et voilà qu'en passant sous l'auvent d'une boulangerie, une baleine accroche un des montants métalliques de l'auvent, un petit choc se produit, faisant dégringoler un peu de neige autour de lui, c'était très joli.

J'ai eu la surprise de l'entendre réagir immédiatement :

- Roooooh TA GUEULE !

Je ne sais pas s'il parlait à son parapluie, à la boulangerie, à la neige, à sa femme qu'il avait laissée derrière lui après une engueulade matinale, ou moi qui ne partageait pas son exaspération. Mais la langue française tient à sa disposition une panoplie complète d'imprécations et de jurons, et il avait choisi celui qui exprimait le plus comiquement son impuissance.

Quoiqu'il en soit, je retire de cet accrochage la certitude qu'il faut être très très énervé pour dire ta gueule à la neige. Ou à son parapluie.

jeu 9 déc 2010

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Laurent de Wilde

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