Avant/après

J'ai depuis tout petit une affection particulière pour les publicités avant/après : la greffe capillaire stupéfiante, le régime miracle, surtout dans les magazines un peu ringards, je ne me lasse jamais de cette fable miraculeuse. Epiant les grossières ficelles comme un gamin devant un prestigiditateur de deuxième ordre, je goûte les deux côtés du plaisir, celui de l'illusion et de son secret révélé en même temps.

Je vois encore ces pubs par-ci par-là, ce qui prouve que cette dynamique avant-après reste féconde, et pour cause. J'en ai vécu encore une fois la preuve récemment, dans un registre toutefois différent.

Une salle de spectacle sans orchestre et sans public est en général un endroit assez laid, mal éclairé et qui sent pas bon. On la découvre en milieu d'après-midi, à la descente du bus ou du train et voilà qu'en quelques regards on est marié de force à cette salle pour la nuit.

Puis vient le concert, et là tout se met à vivre, le public, l'orchestre et bien sûr la salle qui est devenue un endroit tout à fait sympathique. Miracle de l'avant-après.

Mais plus rare est le lieu dont on sent déjà l'après dès qu'on y met les pieds. Il se passe quelque chose dès le début et le sentiment ne fait que croître avec le temps. C'est une expérience très excitante, sexuelle, toute de désir et d'anticipation avec une horloge qui tourne et du plaisir au bout.

Nous jouions il y a quelques semaines au festival de Vienne et étions programmés sur la somptueuse scène du cirque romain puis pour un deuxième set au délicieux petit théâtre à l'italienne connu sur le site sous le nom de Club.

C'est un enchaînement assez inhabituel pour Organics dont les cablages/décablages occupent le plus clair de nos après-midi. Je ne me réjouissais donc pas d'avance à l'idée épuisante de faire deux balances et deux concerts dans la même soirée.

Mais la raison de ces lignes est que deux fois de suite j'eus la surprise de ressentir cette excitation si propre à ces belles salles aimantes et prometteuses. Dans ces cas-là, il n'y a plus d'avant/après, il y a juste du pendant, du maintenant tout le temps.

Avec la complicité de Joe Addington, nous avons réussi à fixer ces moments sur image, et je suis surpris de voir comme la juxtaposition de ces images est forte.

Jugez-en vous-même.

jeu 28 juil 2005

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Laurent de Wilde

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