Au sujet du débat sur le Peer 2 Peer

L'univers économique et culturel dans lequel nous évoluons ces derniers temps semble tourner autour de cette règle simple : plutôt que de faire un meilleur produit, écrasons la concurrence. On a l'affaire, on la garde. Cet autisme effrayant, qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain président américain, conduit à la situation musicale d'aujourd'hui. Les modèles proposés par l'industrie (copy control et autres inventions de cette farine) sont d'une pauvreté affligeante et de surcroît à la limite de la légalité. En outre, ma pratique personnelle des majors m'a montré combien la culture internet leur est foncièrement étrangère.

Tous les acteurs économiques sont en attente d'un projet qui permettra à la consommation musicale de trouver ses nouvelles marques. Il me paraît symptomatique que le seul projet viable dans ce domaine ait été mis en application non par une maison de disque, mais par une société d'informatique archi-minoritaire sur le marché : Apple et son fameux i-tunes (et non Sony ou Microsoft qui ont les reins beaucoup plus solides pour une révolution de cette envergure).

La musique est une affaire de créativité. Si le business veut suivre, il lui faut lui aussi être créatif. La répression me semble aux antipodes de cette démarche. Combien de temps les labels vont-ils pouvoir traîner en justice des instituteurs, des collégiens, des pharmaciennes ? Le combat est bien entendu perdu d'avance...

Une taxe prélevée auprès des fournisseurs d'accès semble aujourd'hui un modèle rationnel. Je me pose cependant deux questions : La commercialisation de la musique en ligne (sur site d'artiste ou de label) est -elle compatible avec un prélèvement automatique à la source qui dispense du paiement au cas par cas ? Dans le cadre d'une économie internet balbutiante (il est encore difficilement rentable de vendre de la musique en ligne, notamment en raison des coûts encore élevés des connections haut-débit, de gestion bancaire, d'assurance etc) qui cherche à baisser ses coûts de fonctionnement, est-ce qu'une augmentation du prix d'accès pour l'internaute ne sera pas contre-productif ?

D'autre part, que faire des free.fr et autres abonnements gratuits ? Et si mon hébergeur est en Chine ?

En tout cas, cette pétition a le mérite de soulever des questions que refusent de se poser en termes constructifs les acteurs décisionnaires de cette économie. Pour la première fois de son histoire, l'industrie de la musique est à la traîne de son temps. A nous de faire du bruit pour la réveiller.

jeu 24 fév 2005

Commentaires (0)

aucun commentaire

Laissez-nous un commentaire

Auteur *
 
E-mail
L'email si vous le saisissez ne sera pas visible en ligne, mais nous permettra de prendre contact avec vous pour vous répondre.
 
Message *
 
Recopiez l'image clé
  • 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
 
 
 
 
 
 
 
Laurent de Wilde

Elements de navigation

Moteur de recherche